samedi 30 août 2008

Nénette Est Horrible.

"Bonjour comment vas-tu? Je t'en prie, entre! Tu peux t'essuyer les pieds sur moi, voilà, mets-toi à l'aise! Le porte-coeur est dans le coin, là bas. Ah oui tu trouves que c'est toujours aussi charmant ici? C'est pas grand-chose tu sais, juste 7 litres de sang et des entrailles bien entretenues. Viens, je vais te montrer le jardin, tu as vu comme ma tumeur a grandi? Il faut dire que je l'entretiens tout particulièrement. Oui l'utérus est mort depuis ta dernière visite, mais j'ai enterré le foetus, et tu as vu, de belles cicatrices ont fleuri juste à côté de la tombe! Je te sers quelque chose à boire? A grignoter? J'ai un peu de poumon cendré, je sais que tu en raffoles! Profites-en, il n'en restera bientôt plus une seule miette! Tu as l'air inquiet, ceux sont mes incisives qui t'effraient? Oui evidemment, elles se sont aiguisées avec le temps, l'amertume a bien fait son travail. Mes ongles aussi, c'est vrai. Oh rien de plus que d'habitude, j'ai laissé Dame Nature officier. C'est peut-être une fatalité après tout, toi, moi et ces objets tranchants entre nous. Oui, je viens de verrouiller la porte d'entrée, ne me blâme pas pour ça, c'est toi qui m'a incité à cadenasser mon coeur, je me trompe? Tu l'as vu d'ailleur? Il est juste derrière toi. Ah ça oui il est bien amoché. Et irrécupérable m'a-t-on dit à la décharge. Tu sais qui je dois remercier. Ne recule pas comme ça voyons, tu pourrais heurter ma cage thoracique, et Dieu sait combien mes os sont saillants en ce moment. Et voilà, tu pisses le sang, c'est affreux. Quoique ce rouge sur le sol, c'est pas une mauvaise idée non? Quoi, tu es trop faible pour parler? Pas étonnant avec cette hémorragie. Ca ne te dérange pas si je m'en sers pour remplir quelques bocaux, j'en suis à court justement. Non je ne suis pas cinglée, je suis aigrie. Et terriblement romantique tu sais. Parce que lorsque tu ne seras plus qu'une enveloppe vide de sang, je ferai péter mes cervicales avec un paquet de dynamite. On rejoue Romeo et Juliette ce soir chéri, j'espère que ça te plaît. Voyons ne pleure pas mon ange, c'est comme ça que toutes les grandes histoires se terminent. Une flaque rouge et un coeur déglingué qui se fout en l'air tout seul. Un peu de violence pour une grande tragédie. Trois gouttes de sang contre trois secondes de répit."
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PHOTO: SKINS SERIE DE OUF
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vendredi 29 août 2008

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mercredi 27 août 2008

Nénette Est De Fort Méchante Humeur.

je déteste taper des sms. C’est un truc qui me fout les nerfs en pelote. En fait, j’aimerai que le message que j’ai dans la tête se transfère sur l’écran de mon portable par la pensée. Et qu’on me foute la paix avec ces histoire de mode Abc de mon cul. Je déteste aussi lire l’heure sur un cadran. Parce que je déteste cette idée de chiffres qui s’entortillent et d’aiguilles qui piquent. Je préfèrerais qu’on compte le temps en smarties. Vous voyez, on choisirait un type très gros, on lui mettrait une culotte de sumo et on l’embaucherait pour qu’il mange des smarties, un à un, à longueur de journée. A côté de lui on mettrait un autre type, très maigre, avec de grosses lunettes en écaille, pour comptabiliser l’affaire. Et vous imaginez, par exemple, on ne dirait plus Tu passes me chercher dans un quart d’heure ? mais Viens chez moi dans 47 smarties, et ça serait trop chouette. Au lieu de ça on doit se foutre ces horreurs qu’on appelle montres aux poignets, et prendre des airs de pics-vert effarouchés pour s’excuser lorsqu’on met l’équivalent d’un grand moment de solitude pour déchiffrer 7h35 sur un cadran minable. Heureusement qu’il y a les montres Flic-Flac pour remonter le niveau, c’est moi qui vous le dit les mecs.
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voilà, maintenant que le quart d’heure philosophique et hautement culturel est passée, je vais vous déballer ma vie. Hier je suis allée à Bordeaux, et je faisais la tronche. Je suis allée voir la gare et un type avec un survet de dealer m’a maté les fesses. Après j’ai pris le tram, et j’ai essayé de réfrener les envies qu’avait ma mère de me foutre la honte devant tout le monde. Malheureusement pour moi et mes copains de tram, j’ai échoué parce qu’elle s’est subitement accroupie dans le wagon pour mater un monument pourri à travers la vitre, ce qu’elle aurait pu faire, je tiens à le préciser, en restant debout. Mais je la kiffe ma mère, alors ça passe. Mon Dieu le correcteur de Word ne connaît pas le mot kiffe, quel outrage. Ensuite je suis allée faire fabriquer mon pass-étudiant pour le tram justement, et j’ai découvert que j’avais le mystérieux pouvoir de parler au photomaton. Et de gaspiller toute ma monnaie dans cette boîte à la noc. Parce que le premier truc qu’elle m’a craché à la figure, c’était la reproduction en quatre exemplaire de mon pif grossi à la loupe. Je sais pas comment j’ai réussi à faire ça, mais 4€ plus tard, j’ai enfin obtenu ma tête à la bonne taille sur le papier photo. Voilà après j’ai mangé une salade dégueue, je suis allée faire l’état des lieux de mon appart, j’ai rencontré mon nouveau concierge qui n’est autre que la réplique hautement brevetée de Robert de Niro, puis j’ai vu des mecs canons qui sortaient de partout, j’ai appris que mon futur voisin était un athlète de haut-niveau qui faisait trop la teuf, la vache, puis on est reparti, j’ai lu un bouquin de Despentes dans la voiture, bouquin dans lequel elle encourage le viol, la prostitution et la pornographie, n’empêche qu’il était chouette. Aujourd’hui je me suis levée aux-aurores-c’est-à-dire-huit-heure-du-matin pour aller à Toulouse, et tout ce que je peux vous dire est que mon proprio me gave sobrement l’intestin grêle, que s’il espère choper un mois de caution en plus il ferait mieux de gratter un tiquet millionnaire, qu’à part ça je me suis acheté un haut qui fait catin russe et un autre qui fait catin-enfant-de-la-ferme, et que je les kiffe (je t’emmerde sale correcteur), et que ma Laure est toujours un ange. Puis je suis rentrée chez moi, j’ai regardé des types se vider de leur sang, égorgés par leur propre barbier les pauvres nocs, et bizarement ça m’a détendu. Puis j’ai vu mon père dans mon jardin, alors après j’en ai remis un coup avec les types qui se vident de leur sang, puis j’ai mis les Cardigans, j’ai dansé en agitant les bras d’une façon ridicule, et j’ai fait la vaisselle. Actuellement je suis devant mon ordi avec une odeur de monoï plein les orifices nasaux, et je réfléchis à la meilleure façon d’éradiquer définitivement les cellules adipeuses qui font joyeusement la ronde autour de mon nombril. A présent je présume que avez suffisamment pris votre pied à vous rincez l’œil de mes péripéties existencielles, je vous quitte donc pour allez mater un navet à la télé. Tchou.

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et votez John David où je viens vous dépecer pendant votre sommeil!
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PHOTO: BILLIE THE VISION AND DANCERS
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