mardi 1 juillet 2008

Nénette Est En Vacances. Enfin.


PHOTO: LILY ALLEN
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Paris c'est d'abord les oraux. Oraux durant lesquels on se hait, on se méprise, on s'assoie sur son honneur et on planque sa fierté bien au fond de sa poche droite. Parce que lorsque vous passez votre TIPE l'examinateur décide généreusement de vous offrir une visite guidée de ses amydales à coups de baillement ostensibles, parce que le lendemain vous auriez bien aimé une colle de physique et un TP de chime mais bien évidemment vous vous prenez un exo de chimie orga dans la tronche et un TP d'élec que vous foirez dans les grandes largeurs parce que oh quel heureux hasard vous n'avez jamais réussi à faire marcher un oscillo de votre vie. Et lorsque vous vous pointez à votre épreuve d'anglais un peu ragaillardie parce que c'est bien connu l'anglais au CCP c'est un havre de clarté et de simplicité, vous tombez sur la vie des aborigènes en Australie (parfait vous avez justement écrit une thèse là dessus), et votre colleuse a semble-t-il oublié d'être gentille et de fixer sa machoire au reste de sa tronche ce matin là. Et lorsque hallelujah vous réussissez votre épreuve de maths, vous réalisez en sortant de la salle que votre tee-shirt était troué et que l'examinateur était un homme. Alors vous soupirez et allez prendre votre metro.

Oui parce que Paris c'est aussi le métro, le RER, les interminables trajets dans les wagons, les innombrables changements de stations, les longues minutes passées à étudier le genre humain et son incroyable capacité à rester 30 plombes assis au milieu de 58 personnes et à ne fixer rien d'autre que le bout de ses chaussures sans sourire ni même cligner des yeux, ou dans un autre registre à mater vos jambes, vos fesses, et à essayer de les toucher par la même occasion. Alors vous soupirez et ajoutez perversitude aigüe à votre dictionnaire de l'espèce humaine.

Paris c'est aussi des cheveux de plus en plus hirsutes au fil des trajets & des épreuves, des ongles de plus en plus invisibles et de moins en moins existants, et évidemment 3 flamboyants nouveaux boutons par jour (environ un matin-midi-et-soir les mecs) ce qui a au moins l'avantage de vous transformer en éphéméride humain, très facile pour se repérer en cas de dérèglement de l'espace temps. Rajoutez à ça les mignonnes ampoules aux pieds, les fiches d'anglais révisées à la va vite dans un dernier sursaut d'espoir au cours duquel vous réussissez à vous convaincre que vous avez extrêmement bien fait de ne pas apprendre un seul mot de vocabulaire cette année et merde comment on dit chat déjà, oui rajoutez à ça l'immense énergie que vous déployez pour vous empêcher de sortir des gros mots devant l'examinateur et l'envie démesurée de foutre le camp lorsque vous lisez Analyse d'un Système Ouvert sur votre énoncé de physique aux Petites Mines. Après quoi vous soupirez, attrapez un stylo et commencez à écrire des inepties sur votre brouillon en vous demandant si en les lisant à l'envers à l'examinateur elles pourraient trouver un sens inattendu.

Menfin dites vous aussi qu'à Paris, l'espace d'un instant, il y a eu vous, votre microscopique short de touriste et votre casquette vissée sur le crâne avec en bonus gratuit un sourire béat et avouons le sacrément débile sur le visage, le tout planté devant une Tour Eiffel plus tour-eiffelesque que jamais. Il y a eu Taille-Bo et ses bretelles sur la grande roue, il y a eu la finale Toulouse/Clermont où la misérable part rugbylistique qui est en vous s'est retrouvée à agiter un drapeau bleu et jaune que vous auriez préféré noir et rouge mais bon c'est le seul que vous avez réussi à voler dans tout ce bordel. Il y a eu les soirs où vous avez mangé italien avec votre cousine, votre appui, votre conscience, votre garde du corps, votre moral, votre plan de metro, oui tout ça à la fois, sans qui on vous aurait sûrement retrouvé morte écrasée par 3 métros, 2 RER et les 2 milliards et demi de chinois en furie présents dans la capitale en même temps que vous. Et sans qui vous n'auriez sans doute jamais rencontré le garçon le plus sexy de la Terre oh-mon-dieu oh-mon-dieu oh-mon-dieu j'aime les tatouages.
Alors finalement de quoi vous vous plaignez.
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Car le mot vacances se remet à exister.
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1 commentaires - ajouter un commentaire:

mOnsieur hugO a dit…

Ouais taille-bo qui avait acheté 20 churros... Qui en as balancé un par dessus la grande roue (bon, il a atteri dans un arbre, mais c'était cool). Puis le soir, comme il s'est empiffré d'environ d'une vingtaine de churros, ben taille-bo, il a vomi toute la soirée... A partir de 1h du matin... Ah oui, je connais desormais tous les numeros des tchat coquin.


I love Paris and its churros.... Superbe soirée...